Edito du curé


« Pour que le monde ait la vie. »
Tel est le thème de la visite apostolique du pape Léon XIV en France. Même si à
l’heure où j’écris cet édito nous ne savons pas ce que dira Léon, ses prises de
décisions avant son arrivée en France parlent d’elles-mêmes. Le Saint Père a
refusé tous les honneurs de la République : le cortège avec la Garde Républicaine
à cheval, le dîner d’Etat à l’Elysée, la remise de la Grand-Croix de la Légion
d’honneur. Il a aussi décliné l’invitation du chef de l’Etat de visiter Notre Dame de
Paris en sa présence, manifestant ainsi que le chef de l’Eglise Catholique n’avait
pas besoin d’un guide touristique pour visiter une église et surtout, il ne veut pas
que l’on se serve de lui à des fins politiciennes. A travers cette attitude, le Saint
Père manifeste son désir de simplicité, rappelant que c’est d’abord une visite
apostolique et non une visite d’Etat. Le pasteur de l’Eglise vient rencontrer ses
fidèles pour leur annoncer la Bonne Nouvelle. Il veut aussi faire comprendre, de
façon claire, qu’il ne peut accepter la décision récente du gouvernement français
d’imposer de façon aussi rapide la loi sur la fin de vie. Le Saint Père soutient ainsi
l’épiscopat français qui s’est opposé jusqu’au bout à l’adoption d’une loi contraire
à la dignité de la personne humaine et au caractère sacré de la vie. Il y a des
paroles fortes qui sont prononcées, il y a aussi des silences qui peuvent faire
beaucoup de bruit et il y a des attitudes qui crient plus que les discours.
Mais il nous faut regarder plus loin ; la visite du successeur de Pierre est une grâce
pour notre pays, au-delà de la seule communauté catholique. Le pape reste une
référence pour beaucoup, un homme de paix qui apporte un message qui touche
bien davantage que les discours habituels, un message qui ouvre une espérance,
qui permet à chacun d’être éclairé. Ce message, c’est celui de l’Evangile. Le Christ
continue d’annoncer la Bonne Nouvelle à travers son Eglise et cette Bonne
Nouvelle touche encore les cœurs aujourd’hui. Le nombre croissant des
demandes de baptêmes ou des adultes qui reviennent à l’Eglise interroge
beaucoup notre société. L’Evangile est parole de vie, le Christ est vivant et se
donne, il se dit, il ouvre à l’espérance. Prions pour que cette visite porte de beaux
fruits pour notre société malade et qui ne sait pas où elle va. Et puis surtout,
n’ayons pas peur d’être signes de la présence du Christ, n’ayons pas peur d’être
libres, libres d’annoncer le Christ. Le pape a montré sa liberté face à ce qui voulait
lui être imposé. Il a dit simplement « non », pour aller à l’essentiel. Rendons grâce
au Seigneur pour le don de la foi qui ouvre à l’espérance, rendons grâce pour
l’Eglise notre famille et pour le pape qu’il nous a donné pour être le pasteur de
l’Eglise, cette Eglise qui, comme Jésus l’a promis, n’a rien à craindre des
puissances et des puissants de ce monde, parce qu’elle est libre.


P. Stéphane